Escapades, bambées et autres aventures…

Lofoten

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Aller à la gallerie

Bodø est le terminus de la ligne de chemin de fer, pour rejoindre Narvik puis la Laponie suédoise, le reste se fait en bus, soit par la côte, soit par l’archipel des Lofoten, moyennant un ferry. Ce n’était pas prévu que j’y passe, mais tant qu’à être là, autant en profiter.

C’est clairement la destination la plus touristique de la Norvège, d’où le fait que ça ne me tentait pas trop au début, mais c’est la basse saison, ça ne devrait pas être trop fréquenté.

Arrivé à Bodø en fin d’après-midi, en attendant le ferry je laisse mes affaires dans un coin de la gare et fais le tour de la ville portuaire (impensable de faire ça en France !). C’est très rapide et je n’y trouve absolument rien d’intéressant. Toujours ces bâtiments à l’architecture très moderne et sans aucun charme, il n’y a aucun petit commerce, je ne vois quasiment personne dans les rues, à pied ni même en voiture, il fait nuit, l’ambiance est assez glauque. Seulement quelques marins et pêcheurs qui travaillent sur le port.

Le ferry Bodø–Moskenes est gratuit pour les piétons et cyclistes, c’est cool, par contre :

J’essaye de dormir un peu dans la gare ferroviaire (sans succès) jusqu’à ce qu’elle ferme. Une fois sur le port, j’aprends que le ferry ne viendra pas, il faut attendre celui de 05:00 (sans garantie qu’il viendra). On n’est que 2 piétons, une norvégienne et moi. On squatte les réceptions des hôtels. Elle me raconte tout ce qui ne va pas en Norvège, la centralisation des décisions à Oslo et le manque d’indépendance et l’absence de services dans les régions, les mauvaises décisions du gouvernement, etc. Bref, ça ne me remonte pas le moral, moi qui idéalisait un peu trop ce pays.

Les hôtels finissent par fermer, elle retourne attendre sur le quai (dans le vent et partiellement abritée de la pluie, incroyable comme quoi tout le monde ici tient absolument à être à l’extrrieur), moi je tente de dormir un peu dans la galerie marchande, elle n’est pas chauffée mais je suis abrité du vent.
Finalement le ferry de 05:00 arrive et je peux rejoindre les îles Lofoten.

L’idée est de passer quelques jours à explorer les îles du sud (les plus montagneuses), sans itinéraire ni plan bien défini. De toute façon le relief ne se prête pas du tout à la pratique du ski nordique, les pentes sont trop raides. Ajouté à ça que la météo n’est pas terrible (très fort vent, beaucoup de pluie, températures légèrement positives, c’est le climat local normal, bien qu’un peu trop chaud pour la saison), le manteau neigeux est bien épais et le risque d’avalanche au plus haut.

Je me suis juste renseigné sur les endroits touristiques “à voir” dans les Lofoten, pour être sûr de ne pas y aller, et acheté la carte du secteur.

Le truc pénible, c’est que je me trimballe mon sac à ski et l’intégralité de mes affaires et qu’il faut que je trouve un coin discret et surtout abrité de la pluie pour laisser ça quelque part.

Toute l’économie ici tourne autour de la pêche à la morue, qui a lieu durant la saison hivernale. Les forts courants de marée entre les îles rendent le secteur très poissonneux. Elles sont ensuite séchées à l’air libre sur de grands étentoirs, sans besoin d’être salées. Le vent omniprésent et les températures fraiches et stables garantissent une bonne conservation, sans avoir recours au sel.
Tous les villages sont donc des petits ports de pêche, où règne une forte odeur de poisson pas frais séché.

Les îles Lofoten sont touchées par le tourisme de masse et je le vois bien. C’est le seul endroit où je vois des panneaux privat, no trespassing, etc. Dans les pays nordiques, chacun et chacune à le droit de circuler librement sur des terres, qu’elles soient publiques ou privées, à pied, à ski, à vélo, à cheval, de bivouaquer, de cueillir et pêcher pour sa propre consommation, tant que cela ne nuit pas directement au propriétaire (ne pas mettre sa tente en vue direct d’une maison, ne pas marcher dans son jardin par exemple) ou aux autres usagers. Un propriétaire n’a pas le droit de cloturer son terrain ou d’entraver son accès par un quelconque oyen ! Les gens de ces pays semblent très attachés à ce droit, malheureusement dans les îles Lofoten en été à ce qu’on m’a dit, les camping-cars et vans envahissent les bords de route, les touristes viennent se prendre en photo dans le jardin des maisons, les habitants et habitantes en ont marre et sont devenus très peu accueillants, y compris envers les autres touristes norvégiens.

Les locaux, essentiellement des pêcheurs, se voient demander de partir de leur rorbu (les maisons traditionelles en bois sur pilotis) durant l’été car c’est plus rentable pour les propriétaires de les louer aux touristes sur Airbnb.


Les paysages de mer et de montagne sont très beaux, même si je ne peux pas en apprécier toute l’étendue à cause du temps bouché. Le temps est à la pluie froide intermittente et le vent omniprésent.

Værøya

Værøya

Sandbotnen

Sandbotnen

Kvalvika

Kvalvika

Straumøya

Straumøya

Je suis obligé d’avoir mes skis pour avancer dans cette neige mouillée qui ne porte plus rien, et en même temps dois les retirer régulièrement pour de cours passages de rocaille. Le sol tout mou couvert de mousse et de lichen de la toundra me permet néanmoins de marcher dessus à ski.

La dernière nuit c’est le déluge et la neige fond à vitesse grand V. Je suis obligé de ressortir en cours de nuit pour faire des monticules de neige sur mes ancrages, à défaut de pouvoir les enfoncer plus profond puisqu’il n’y a plus assez de neige à terre.

Tout ça finit par avoir raison de moi et j’écourte mon séjour d’une journée.

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