Escapades, bambées et autres aventures…

Massif du Velebit (03/09 au 10/09)

Trace GPX : track.gpx

Activities:

Aller à la gallerie

Pays traversés : Croatie 🇭🇷

Après cette longue transition en plaine depuis que j’ai quitté le Triglav, j’atteind le massif du Velebit. C’est une chaîne montagneuse karstique qui s’étend parallèle à la côte adriatique et la sépare des plaines de l’est. Bien que d’apparence très modestes, entre 1000 m et 1600 m, et à quelques kilomètres de la côte adriatique, les conditions climatiques y sont très rudes, particulièrement dans la partie nord. En témoigne la flore, identique à celle qu’on peut trouver dans les éboulis rocheux de haute montagne, et les troncs des hêtres torturés par le vent et la neige. La couverture neigeuse y est présente 7 mois par an et il peut neiger en toute saison. La bura, fort vent froid venant des terres, similaire au mistral, peut y souffler jusqu’à 180 km/h.

En cette saison les fleurs sont plutôt rares à part les colchiques dans les prés. Mais je trouve quand même des fleurs qu’il ne me semble pas avoir déjà vu en France :

Gentianelle ciliée

Gentianelle ciliée

Scorzonère

Scorzonère

Mais plus j’avance vers le sud du massif, plus la végétation devient méditerranéenne. Je ne sais pas trop pourquoi une telle différence, je reste pourtant à peu près à la même altitude.

Alors que le nord du massif était formé de micro-reliefs très chaotiques recouverts d’épicéas ou de hêtres, le sud du massif est caractérisé par une végétation naine et de vastes dolines. Le sentier sillonne entre sommets et dolines en restant plus ou moins à la même altitude, c’est très plaisant.

Nord du Velebit :

Sur le Premužićeva staza

Sur le Premužićeva staza

Massif du Velebit

Massif du Velebit

Et sud :

Vastes dolines

Vastes dolines

Les chamois sont très présents sur tout le massif, j’en verrai plusieurs, ça fait très bizarre d’en apercevoir courir dans la garrigue. L’ours aussi, mais il ne se montrera pas. Sur toute les alpes dinariques est présente la vipère péliade, bien plus venimeuse que la vipère aspic que l’ont trouve en France. Elle ressemble beaucoup à cette dernière mais est plus longue et se reconnaît grâce à sa corne qu’elle porte sur son museau. Je n’en verrai pas non plus, mais beaucoup de couleuvres et d’orvets.

L’eau est, encore une fois, absente du massif à quelques rares sources anectodiques. Les seuls points d’eau sont les citernes des cabanes. Les croates ne semblent pas avoir des sentiers particulièrement bien balisés et entretenus, par contre pour ce qui est des cabanes, elles sont souvent au top, au moins autant que les bivacco italiens : propres, très bien isolées, avec un poêle, de l’électricité (lumières et prises) et, le plus important, une citerne d’eau de pluie. En plus, certaines ont de grandes fenêtres ou baies vitrées pour admirer la vue tout en restant à l’abri, c’est vraiment génial !

Coucher de soleil sur l'Adriatique

Coucher de soleil sur l'Adriatique

Soirée à la cabane Ždrilo

Soirée à la cabane Ždrilo


Les paysages sont jolis, les sentiers pas trop envahis, il y a de belles vues sur la mer et les îles, mais j’ai du mal à trouver un intérêt à ces montagnes : ce sont des paysages méditerranéens auxquels je suis tellement habitué, j’ai envie de voir autre chose. De plus, leur traversée est longue, sans aucun village pour refaire des provisions, m’obligeant à porter beaucoup et ne pas trainer. Comme je n’ai pas tellement pris le temps d’étudier en détail l’itinéraire de la Via Dinarica (je voulais le faire en étant à Postojna, en Slovénie), j’essaye de le faire au jour le jour, sur mon téléphone, m’ôtant mes moments de contemplation lors des pauses et avec l’esprit préoccupé lorsque je marche.

Une fois arrivé au bout, j’ai l’impression d’avoir traversé le Velebit au pas de course et la tete ailleurs, sans en profiter vraiment.


Finalement j’approche de Gračac avec un peu d’avance (grâce à une longue section de piste sur la fin, des kilomètres sans intérêt mais faciles) et je fais un détour voir le massif karstique de Crnopac.

J’explore avec amusement ce véritable labyrinthe mêlant arches, surplombs, défilés et autres cavités. En espérant ne pas tomber nez à nez avec un ours dans ces couloirs étroit, je pense qu’ils doivent apprécier eux aussi ce relief.

Massif de Crnopac

Massif de Crnopac

Massif de Crnopac : le ciel, vu depuis en défilé

Massif de Crnopac : le ciel, vu depuis en défilé

Massif de Crnopac

Massif de Crnopac

Puis de Gračac à Knin, ce sont 2 jours uniquement de pistes caillouteuses très pénibles sous le soleil et de route nationale sans bas-côté pour y marcher en sécurité. Le seul attrait est la source de la Zrmanja (et ses figuiers !).

De la piste, entre Gračac et Knin

De la piste, entre Gračac et Knin

Source de la Zrmanja, enfin de l'eau !

Source de la Zrmanja, enfin de l'eau !

Toutes les photos