Massif du Dinara (11/08 au 15/09)
Trace GPX : track.gpx
Activities:
Pays traversés : Croatie 🇭🇷, Bosnie-Herzégovine 🇧🇦
La chaine du Dinara s’étend sur la frontière entre Croatie et Bosnie-Herzégovine. Elle a donne son nom aux Alpes Dinariques. Ici aussi, l’absence d’eau est une grosse difficulté. Je dois m’assurer chaque fois de la distance qui me separe du prochain point d’eau potentiel et je ne bivouaque que proche de ceux-ci, afin de repartir le matin avec le maximum d’eau. Malgré tout, je marche la bouche sèche, avec une sensation de soif permanente, et me réhydrate à la prochaine occasion.
L’eau se trouve souvent dans les citernes de certaines cabanes. À une cabane dont la citerne est cassée, quelle joie de trouver ceci à l’interieur :
Une autre fois, à la grotte de Mračna pečina, je dois pénétrer à l’intérieur et m’y enfoncer sur une centaine de mètres pour atteindre la source :
C’est aussi sur la chaine du Dinara que se trouve le sommet de la Croatie :
Mais ces montagnes n’ont pas de crêtes très marquées, ce sont plutôt des causses, le sol est de temps en temps des lapiaz où la roche est à nue, couvert d’herbes ou encore peuplé de pins de montagne et genévriers. Ces terres ont été intensivement utilisées par le passé pour faire paître les troupeaux, en témoigne les nombreux murets de pierre et ruines des maisons temporaires des bergers dans le paysage.
À Brezovac, j’entre soudain dans un havre de fraicheur, à l’abri sous les hêtres du soleil qui brûle et du vent qui dessèche. Il n’y a cependant pas d’eau accessible.
Le lieu est rempli de sittelles torchepot qui piaillent et vollent d’arbre en arbre.
Ce soir je reste pour la nuit à la cabane Pume, où je passe le restant de l’après-midi seul, dans sa superbe véranda avec vue :
Ce n’est que tard dans la nuit qu’un groupe arrive en 4x4, dans le but de passer leur soirée là. Puis un deuxième groupe arrive, avec le même but, suivi d’un troisième…
Je passerai une nuit horrible. Je suis tellement frustré, à lire et entendre d’autres randonneurs et randonneuses qui partagent des soirées enrichissantes au fil des rencontres dans des cabanes, j’ai l’impression que ça ne m’arrive jamais, je suis soit seul soit avec des gens pénibles…
Au moins, ca me fera prendre mon petit-dej au sommet du Troglav :
Avec vu sur le poljé de Livno, plus grande dépression karstique des alpes dinariques. Je le traverserai le lendemain.
C’est le point culminant de la chaine du Dinara, il est situé en Bosnie-Herzégovine. Comme pour le Triglav (en Slovénie, il tire son nom du dieu à trois têtes de la mythologie slave.
Puis je longe la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, côté croate, pendant un moment. Je n’échappe pas à me faire arrêter par la police croate. Je m’y attendais un peu en ayant lu d’autres récits, et je m’en sort finalement assez bien, en comparaison. L’un des policier m’amène jusqu’à leur véhicule, leur cinéma dure une vingtaine de minutes, à examiner et retourner ma carte identité dans tous les sens, passer 40 coups de fil et me redemander constament où je réside en Croatie. Le seul qui parle anglais et avec qui j’interagis est plutôt cordial, et ils finiront par me laisser repartir, en m’avertissant bien qu’il faudra que je passe par le poste frontière pour entrer en Bosnie-Herzégovine (ce qui est faux).
L’injustice est frappante. Moi, la même personne, si je leur avais donné un passeport disons nigérian, je n’aurais pas eu la liberté de continer et aurait été aussitôt embarqué, brutalisé et amené dans un camp avec d’autres migrants.
La police croate est la pire en Europe pour les sévices qu’elle fait subir aux migrants et avoir ces 2 individus en face de moi me répugne.
Je quitte enfin definitivement la Croatie, non sans stress, mais une fois côté Bosnie, je sais que je ne risquerai pas de tomber sur ces policiers.
Ce soir je suis content de dormir au fin fond de la forêt, bien tranquille à l’écart de tout où personne ne pourra venir m’embêter.
La crête de Kamešnica, dans le prolongement du celle du Dinara, est bien plus marquée et très belle à parcourir. J’ai enfin l’impression d’avoir retrouver des vraies montages. Mais c’est entre les averses orageuses qui je la parcours, ne me laissant guère le temps d’en profiter.
Lac de Mandek, timing parfait pour une baignade de fin d’après-midi :
Puis c’est de nouveau plusieurs jours de marche à travers plaines, plateaux et collines, la plupart du temps en suivants des pistes et des routes en plein soleil, sinon sur des sentiers qui n’existent pas vraiment, ou plus, alors la progression est bien plus lente.
Dans tous les cas, j’ai de plus en plus de mal à trouver un intérêt et si au début je profitais des pistes pour avaler du kilomètre et atteindre plus rapidement le prochain massif montagneux, maintenant ces pistes me fatiguent et je n’ai plus cette motivation.
La Via Dinarica me donne l’impression d’être un projet à la fois inachevé, brouillon et abandonné. Le balisage est très disparate, parfois à peine visible tellement il date et des panneaux cassés, parfois il indique des directions qui ne sont plus les bonnes, mais la plupart du temps il n’y a rien. Sur mes quelques variantes, je suis tombé à ma grande surprise sur des panneaux de la Via Dinarica alors qu’elle ne passait pas là.
Depuis que je suis la Via Dinarica je ne navigue plus qu’avec mon téléphone, au GPS, malgré que je préfère mes cartes imprimées. Les cartes OSM ici sont trop imprécises et erronées et il y a souvent peu de points de repère sur le terrain, alors avoir sa position exacte est très pratique, même si c’est moins amusant. En plus, j’ai beaucoup plus d’informations utiles sur mon téléphone qui m’aide à la navigation : traces d’autres personnes avec des variantes, la probabilité d’avoir ou non de l’eau à certains points d’eau, les cabanes qui valent le coup, les zones suspectées minées, les difficultés à trouver le sentier… Alors qu’avant je considérais mon téléphone comme backup de mes cartes papier, je me rend compte que s’il ne marche plus, je ne peux plus raisonnablement poursuivre avec mes cartes papiers seules. Au point que je ne prendrais même plus la peine d’imprimer les suivantes pour la suite de mon périple.