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Préalpes orientales méridionales : alpes carniques (14/08 au 27/08)

Trace GPX : track.gpx

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Pays traversés : Autriche 🇦🇹, Italie 🇮🇹

La pause de deux nuits à Sillian a été bénéfique, lorsque je repars, je reprends la marche avec plaisir et hâte de quitter ce camping.

Mon itinéraire quitte désormais l’axe principal de l’arc alpin. Celui-ci se poursuit encore à travers la Styrie, en s’affaissant très progressivement jusqu’à se perdre dans la plaine de Vienne. Pour ma part, je prends la sortie alpes carniques/alpes juliennes - Slovénie, pour pouvoir ensuite bifurquer vers les Balkans. Depuis le début, j’essaye de suivre le partitionnement des Alpes selon la Subdivision orographique internationale unifiée du système alpin (SOIUSA) pour ce qui est des massifs traversés. Et les alpes carniques et juliennes sont catégorisées dans les préalpes orientales méridionales ; ce ne sont donc plus des hautes alpes. Les alpes carniques sont une longue chaine qui part vers l’est-sud-est, et fait la frontière entre Italie (Frioul-Vénétie Julienne) et Autriche (Carinthie).

Je craignais donc parcourir des montagnes sans grand intérêt, après toutes celles que j’ai traversées jusqu’à présent, mais c’est tout l’inverse. Ces montagnes sont extrêmement variées en terme de paysages, chaque jour est totalement différent de la veille. Plusieurs affleurements calcaires rend certains passages aériens très ludiques (et néanmoins bien équipés en mains courantes), comme le Große Kinigat, la crête menant au Porze et le Torre Spinotti :

Große Kinigat/Monte Cavallino

Große Kinigat/Monte Cavallino

Sur le Porze/Cima Palombino

Sur le Porze/Cima Palombino

Torre Spinotti

Torre Spinotti

(Le chemin monte au milieu)

Par moment, je retrouve une certaine diversité dans les forêts, avec des feuillus (érables et hêtres principalement) qui font leur apparition.

Ensuite, cette frontière a été le théâtre de affrontements entre Italie et empire austro-hongrois durant la première guerre mondiale. On peut donc voir un peu partout le long de la crête des restes de tranchées, abris dans la roche, galeries, creusées à même la roche ou exploitant les lapiaz que forment le calcaire.

Là où elles sont le plus présentes (et partiellement restaurées) sont sur le Kleiner Pal/Pal Piccolo, colline surplombant le col de Monte Croce Carnico/Plöckenpass séparant les 2 vallées. C’était donc un sommet très convoité, et on peut voir à la fois les fortifications austro-hongroises sur le sommet et les premières lignes italiennes immédiatement en contrebas. Côté autrichien, un monte-charge est toujours debout, permettant d’acheminer vivre et munitions, et côté Italie, abritées par la falaise, des ruines de casernes et autres bâtiments.

Tranchées sur le Kleiner Pal

Tranchées sur le Kleiner Pal

Tranchées sur le Kleiner Pal

Tranchées sur le Kleiner Pal

Le sommet est un véritable labyrinthe en trois dimensions de tranchées et de galeries que je prend plaisir à explorer, en me perdant et repassant aux mêmes endroits.

Bien que les conflits sur ce lieu ont été très intenses, c’est les conditions très rudes qui ont fait le plus de morts (avalanches, froid, épuisement…).

Malheureusement il n’y a guère de panneaux d’interprétation sur place, j’apprendrai tout ça après coup.

Au fil des semaines, j’ai vu décroître progressivement la diversité de fleurs dans les alpages. À présent, la majorité des herbacées sont en graines ou ont disparu, donnant un aspect plus sec à la montagne. Seules les campanules sont encore abondantes :

Campanules

Campanules

Un soir, j’arrive à une casera. Ce sont des maisons d’alpages qui ne sont plus habitées et qui ont été rénovées et laissées ouvertes aux randonneurs. Elles sont généralement adossées à une étable, qui elle sert toujours. Les casera semblent être spécifiques aux alpes carniques italiennes. Certaines sont restées un peu dans leur jus, poussiéreuses, encombrées de bazar et délabrées, d’autres joliment restaurées. Elles sont constituées d’une vaste pièce principale avec poêle ou cheminée et tables/banc, et de lits ou sommiers à l’étage.
Je préfère quand même dormir dehors mais je profite de la table pour manger et l’abriter au besoin. Je me rend compte de la chance que j’ai peu après, quand un déluge s’abat sur le toit. Il persistera une bonne heure, avant de tourner en pluie. Je savoure ce confort de me sentir à l’abri et au sec, tout en entendant les éléments se déchaîner dehors. Finalement je dormirai à l’étage !

L’est des alpes carniques devient essentiellement calcaire, plus sec, je traverse des maquis de pins à crochet, ras et touffu, mélangé avec des aulnes, tout aussi rabougris, bruyères, et genévriers. S’il n’y a pas de végétation, c’est soit des éboulis, soit des tourbières. Ça fait un peu paysage méditerranéen, sans l’être vraiment. Le sommet du Pricotič me fait un peu penser au mont Puget vu de Luminy !

Creta di Pricotič

Creta di Pricotič

Je termine les alpes carniques en marchant maintenant essentiellement sous le couvert forestier. C’est agréable de marcher à l’abri du soleil et me change vraiment par rapport à tout ce temps passé en altitude. Mais ça implique aussi d’emprunter beaucoup de pistes forestières et de traverser des chantiers de coupes (les forêts autrichiennes sont intensément exploitées).

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