Alpes orientales centrales : alpes atésines (Alpes de l'Ötztal, Alpes de Stubai) (29/07 au 03/08)
Trace GPX : track.gpx
Activities:
Pays traversés : Autriche 🇦🇹, Italie 🇮🇹
Je suis content d’en avoir terminé avec la Suisse. Je l’ai traversé d’ouest en est, dans sa plus grande longueur par le sud (je n’ai donc pas arpenté les massifs du nord) et je ne le regrette pas mais je ne pense pas vouloir y retourner un jour. Ce sont des alpes habitées de partout, à moins de faire de l’alpinisme, et je ne me suis jamais senti au milieu de nul part ou dans un coin vraiment sauvage. La région des Grisons était cependant déjà beaucoup moins touristique et plus rurale, et peut-être plus pauvre que la Suisse de l’ouest.
Je n’ai pas vraiment goûté de plat typiquement suisse, les repas mangés dans les 2 refuges où j’ai dormis étaient plutôt classique.
Dans le Valais, je trouvais du Sérac dans les fermes, petit-lait caillé de vache, un peu comme de la brousse de chèvre, c’était très bon et pas cher.
Ils savent aussi très bien faire du pain, je n’ai jamais était déçu. Contrairement aux boulangeries françaises, je pouvais acheter n’importe quel pain et j’étais sur d’avoir un pain au levain, à la farine au moins demie-complète et à la croûte épaisse. Bref, qui avait du goût et qui se mange nature. Ils ajoutent aussi souvent des graines d’épices dedans (anis, carvi, fenouil…), c’est original.
Lorsque je traversais les villages, les rues étaient extrêmement propres et les jardins entretenus à la perfection. Alors que beaucoup de monde promenaient leur chien et que les poubelles étaient rares (il y a plus de fontaines que de poubelles dans les villages), rien n’était laissé par terre.
Tout est évidemment très cher, les campings et refuges environ deux fois plus cher qu’en France, la nourriture pas autant mais j’achetais souvent ce qu’il y avait de moins cher. C’est un soulagement quand je ressors de la première supérette autrichienne que de voir le total.
J’attaque avec impatience les premiers kilomètre en Autriche (Österreich en allemand, soit litéralement le royaume de l’est en vieil allemand) puisque c’est un tout nouveau pays. Les paysages ne changent évidemment pas de manière notable. Je suis dans la grande région du Tyrol et les Alpes de l’Ötztal (où fut trouvé Ötzi), des noms de lieux que j’avais envie de parcourir.
Depuis ma reprise après Livigno, le temps est peu encourageant. Après plusieurs jours de pluie, c’est un ciel couvert en permanence avec un plafond nuageux assez haut mais aussi beaucoup de nuages bas. Je traverse des masses froides et humides, des averses passagères de pluie (ou de neige suivant l’altitude) alternant avec des (trop) rares éclaircies. Les températures ne dépassent pas les 10 °C. Je n’arrive pas toujours à faire sécher mon duvet pour qu’il garde un minimum de gonflant pour la nuit suivante, je suis en permanence dans l’humidité.
Dernière vue sur le massif du Silvretta, qui ne se dévoilera pas :
Mais l’Ötztal ne semble guère mieux :
Le lendemain, lorsque les nuages se seront levés, ils dévoileront les précipitations de la nuit sur les sommets :
Je passe le Ölgrubenjoch dans une ambiance automnale, de noir et de blanc. Pourtant pas plus haut que les autres cols franchis, ici il y a 10 à 15 cm de neige fraiche. Seule une légère brise souffle, sans bruit. J’entends seulement le ruisseau qui s’écoule du glacier en face et se jette dans le petit lac gelé. Tout semble figé et sans vie.
Toutes les photos que je fais ne reflète pas l’ambiance de ce col. C’est tellement beau que ça vaut bien les galères des jours précédents.
Parfois c’est amusant comment des reflets sur des lacs peuvent dévoiler des détails du paysages auxquels je serai sans doute passé à côté. Ici, le reflet d’un ancien pluviomètre se remarque immédiatement sur le lac, alors qu’il m’avait totalement échappé, dans son arrière plan minéral :
Je passe encore de magnifiques décors minérals, avant de redescendre au pied d’un glacier exploité en station touristique.
Le beau :
Suivi du moche :
Tout en bas dans la vallée, Sölden n’est qu’une agglomération composée à moitié d’hôtels/appartements de vacances et de boutiques de location de VTT électriques (et de ski l’hiver je suppose). Je refais des provisions et vais me trouver un endroit un peu plus calme pour la nuit.
Souvent en Autriche, les panneaux de directions n’indiquent ni les sommets, cols ou lacs mais les auberges et refuges. Ici c’est vraiment flagrant :
Je traverse l’immense zone d’exploitation minière de plomb argentifère de Schneeberg/Monteneve, dans le Haut-Adige italien que j’explore un peu. Certaines galeries ont été consolidées et restent ouvertes. Il y a tout un réseau féré assez complexe avec des contrepoids des deux côté de la montagne pour descendre le minerai et monter le matériel sur la zone d’exploitation.
À partir de maintenant, et surtout côté italien, je croiserai des troupeaux de moutons pâturant en totale liberté, aucun patou ni personne pour les garder. J’en déduis qu’il ne doit y avoir ni loup ni ours par ici.
Ici des moutons Nez noir du Valais, on dirait des moutons en peluches tellement ils étaient mignons :
On ne les voit pas bien sur la photos, mais ils ressemblent à ça
Voilà une semaine que je marche sous la pluie ou des averses qui ne laissent pas beaucoup de place aux éclaircies, et des températures à un seul chiffre. C’est de plus en plus dur mentalement d’avancer. Un midi, je rentre manger au chaud dans une auberge italienne et prend un risotto. Il y a du basilic dedans. Ce goût me donne une sensation très bizarre en me rappelant qu’effectivement c’est l’été, le moment des salades de tomates, des légumes frais et du soleil. Ça me paraît tellement loin lorsque je mange mes cacahouètes et ma semoule sous la pluie…
Comme tout est détrempé, c’est la fête à la salamandre, j’en vois chaque jour :
Je n’ai presque pas eu de pluie aujourd’hui et une bonne visibilité. Même s’il fait toujours froid, c’est agréable de sentir le soleil chauffer à travers les vêtements et sentir un air plus sec.
Je longe un long moment les immenses falaises de Tribulaun, en passant d’abord à leur pied puis sur des vires. Je dois lever la tête et regarder un peu partout à la fois pour vraiment apprécier l’immensité du lieu.
Le haut val Isarco sépare les alpes atésines des alpes noriques :
Où, le mauvais temps semble encore régner…