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Montagnes de Bosnie-Herzégovine centrale (21/09 au 29/09)

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Pays traversés : Bosnie-Herzégovine 🇧🇦, Monténégro 🇲🇪

Autant à Sarajevo, bien loin des montagnes, je m’étais vite habitué au confort que procure un logement dans une ville (un abri, un lit, eau et nourriture à volonté) et j’aprehendais de continuer ma marche vers l’inconnu, autant une fois sur les sentiers je suis bien heureux de continuer.

Pour ce premier soir, j’arrive à la cabane de Međuprenje, un couple d’allemands est déjà là. Comme de plus en plus fréquemment maintenant que les jours sont plus courts, je termine de marcher à la tombée de la nuit, voir à la frontale. Ce n’est donc qu’au matin que je me rend compte de la vue splendide qu’on a ici :

Cabanes de Međuprenje

Cabanes de Međuprenje

Cabanes de Međuprenje

Cabanes de Međuprenje

Cabanes de Međuprenje

Cabanes de Međuprenje

Les paysages du massif de Prenj sont magnifiques, quel plaisir de marcher à nouveau avec une vue qui porte loin, parmi tout ces pics rocheux :

Massif de Prenj

Massif de Prenj

Massif de Prenj

Massif de Prenj

Massif de Prenj

Massif de Prenj

Ce sont les plus belles montagnes du pays selon le gardien de la cabane Jezerce, pendant qu’il me remplit mes bouteilles. Je le rencontre à la source en train de faire le plein d’eau.

Je discute un moment. Il me conforte dans mon choix de variante de la Via Dinarica pour éviter une énième trop longue section de route.

Il a été dans l’armée yougoslave durant les guerres d’indépendance, puis participé aux opérations de déminage d’après guerre et fait maintenant partie de l’équipe bénévoles de secours en montagne.

Un partie du massif de Prenj est malheureusement classé suspecté miné et j’étais étonné de ne voir aucun panneau et de constater que les prairies sont pâturées.

Ce sont en fait des chevaux sauvages. Depuis la Croatie, j’étais étonné de voir autant de crotin dans ces hautes prairies sans jamais voir de chevaux, j’ignorais qu’il y avait des chevaux sauvages en Europe. Voilà un mystère de résolu.

Selon lui les mines ne sont plus un problème majeur, il y a longtemps qu’il n’a pas eu vent d’incidents en rapport dans les montagnes. Le détonateur fini généralement par rouiller et ne plus fonctionner au bout de quelques années. Ça ne me rassure quand même pas tellement, c’est un peu l’équivalent bosnien de la roulette russe…

Entre le couple d’allemands au matin, le gardien du refuge et deux femmes que je croise s’en allant camper, je peux affirmer que Prenj est ultra-fréquenté ; 5 personnes en une journée, alors que depuis le Velebit, c’était plutôt 0 !


Probablement un des derniers beaux bivouacs paisibles, sans aucun vent, le ciel est couvert et la température clémente. Je suis au dessus du cayon de la Rakitnica.

Bivouac au dessus du canyon de la Rakitnica

Bivouac au dessus du canyon de la Rakitnica


Je traverse plusieurs villages traditionnels de montagne, Blace (village serbe abandonné), Lukomir et Bobočica (villages bosniaques où vivent quelques dizaines de personnes).

Blace, ancien village de montagne serbe

Blace, ancien village de montagne serbe

Lukomir

Lukomir

Bobovica

Bobovica

Dans les cimetières de ces villages ou aux alentours, il y a de nombreux stećci, des tombes médiévales gigantesques, avec parfois encore des inscriptions dessus :

stećci dans l'ancien cimetière de Blace

stećci dans l'ancien cimetière de Blace

Dans les haies, aux abords des villages souvent, j’ai parfois la chance de trouver des cornouillers, les fruits sont murs en cette période et j’en fais la cueillette.


On est maintenant en autonome, les hêtres commencent à prendre des couleurs, les myrtilliers sont d’un rouge éclatant qui contraste avec le brun paille des herbes sèches, ou autres herbacées encore vertes. Je n’arrive pas à saisir en photo toutes ces variations de couleur, c’est bien plus éclatant en vrai.

Crête de Brdo

Crête de Brdo

L'automne est là

L'automne est là


J’avais lu que les zones suspectées minées étaient bien balisées sur le terrain. Je suis bien obligé de constater que c’est totalement faux, depuis Prenj j’en ai traversées plusieurs, le long de routes ou de sentiers, sans que je ne vois aucun panneaux. De rares fois il y en a, plus souvent totalement effacés, rouillés, à terre sous la végétation. J’ai l’impression que les gens les réutilisent pour chez eux, ou, comme le club de montagne de Prenj, pour baliser l’endroit où… ils vident les toilettes des cabanes (l’humour bosnien est particulier…).

Rare panneau encore lisible

Rare panneau encore lisible

Je traverse Kalinovic, village serbe (ou plutôt de la Republika Srpska, République Serbe de Bosnie). L’ambiance est très militaire, avec drapeaux, monument et peintures à l’effigie de Ratko Mladić (chef de guerre à l’origine du siège de Sarajevo et du génocide de Srebrenica). Je comprendrai après que c’était ici son village de naissance. Ici, c’est toujours un héros…

En préparant ma marche, et à partir d’autres récits, je m’étais fait une image de certains massifs de Croatie et de Bosnie-Herzégovine des champs de batailles, avec vestiges de char, décombres, zones suspectées minées de partout me demandant bien comment je pourrais sortir du sentier pour bivouaquer. Notamment le massif du Dinara, où j’ai suivi de bout en bout le put Oluje (chemin Oluje), du nom de l’opération militaire du même nom. C’est par ces montagnes désertiques que les Croates sont passés pour reprendre la ville de Knin aux Serbes.

Finalement rien de tout ça, soit je n’y ai as particulièrement prêté attention, soit du “nettoyage” a été fait depuis, soit je ne suis pas passé exactement aux mêmes endroits que d’autres. Peut-être un peu de tout ça. C’est surtout des vestiges d’une activité pastorale passée et une vie rurale en déclin que j’ai remarqué. Comme partout ailleurs en fait…


Depuis Prenj, je suis vraiment dans des paysages magnifiques. Ce n’est bien sûr pas des hautes montagnes comme les Alpes ou les Pyrénées, mais j’apprécie ces vues dégagées et ces falaises abruptes.

Les deux derniers jours en Bosnie-Herzégovine, ce sera pourtant dur d’en profiter vraiment car je suis très faible et fiévreux, un effort trop intense me donne des nausées. Je marche très lentement, en m’arrêtant souvent, avec pour seul objectif d’avancer un minimum. Je passe la nuit sur la terrasse du refuge fermé de Donj bare, je suis au moins à l’abri des averses et peu étendre et faire sécher mes affaires. Je m’ammenage ma petite cabane avec les bancs et table et passe le restant de l’après-midi à somnoler.

Je suis au bord du lac de Donj bare, tout est calme et paisible, pas un souffle de vent, le lieu est enveloppé dans les nuages qui se forment et se dissipent au gré des averses.

Lac Donje Bare et son refuge

Lac Donje Bare et son refuge

Je n’aurai pas froid et passerai une bonne nuit, la fièvre est passée sans autre symptômes.


Je passe en bordure d’une des rares forets primaires d’Europe, la forêt de Perućica. En bordure seulement car l’accès y est réglementé, mais déjà où je suis, les troncs des sapins, pins, hêtres… atteignent des proportions rarement vu ailleurs. Les arbres ont plusieurs centaines d’années.

J’entre au Monténégro par le lac de Trnovačko.

Les montagnes sont encore très largement constituées de calcaire et de dolomie, mais il y a maintenant aussi du gré ce qui fait que de nombreux lacs sont présents.

Ce lac glacière est magnifique avec les couleurs d’automne. J’y suis seul (mis à part le gardien), mais l’endroit semble très touristique et fréquenté. Bien que ce soit un parc naturel, gardé, payant pour y camper, vidéosurveillé (!) et qu’il y a des poubelles à disposition, je peux compter un déchet au mètre carré et des innombrables ronds de feux. C’est vraiment triste. Globalement les Balkans sont des pays très sales, les cannettes, bouteilles plastique et décharges sauvages font parti du paysage.

Je passe le restant de l’après-midi à l’intérieur de la cabane, à la chaleur du poêle.

Le lendemain, je monte au Maglić, plus haut sommet de la Bosnie-Herzégovine avec ses 2386 m. Je suis parti dans le brouillard, 700 m plus haut je le suis toujours. J’espérais dépasser la couverture nuageuse, mais non. Le massif semblait très beau, c’est dommage.

Lac Trnovačko

Lac Trnovačko

Maglić, sommet de la Bosnie-Herzégovine

Maglić, sommet de la Bosnie-Herzégovine

Je traverse le barrage hydroélectrique sur la Piva, qui est aussi le plus grand réservoir d’eau potable des Balkans. Ce qui est très drôle puisque piva veut dire bière (au génitif) en serbo-croate… Je n’en tirerai pas de conclusions. Malgré tout, quand je demande aux ouvriers du barrage de me remplir mes bouteilles, c’est bien de l’eau qu’ils me donnent !

Réservoir sur la Piva

Réservoir sur la Piva

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